La maladie chronique en France

En 2010 : 15 millions de français souffraient de maladies chroniques, soit près de 1 sur 4, (Rapport BAS ministère de la Santé). Parmi elles se trouvent des employés qui subissent ces pathologies souvent lourdes, parfois invalidantes sur leur lieu de travail.

En 2009 : 28 millions de personnes ont déclarées suivre un traitement périodique (au moins six fois par an) pour une même pathologie, (rapport la prise en charge et la protection sociale des personnes atteintes de maladie(s) chronique(s) du Haut Conseil de la Santé Publique).

Le contexte actuel (vieillissement de la population, progression fulgurante des facteurs à risques …) entraîne ces chiffres vers une augmentation constante. Il devient dès lors impossible de les ignorer.

Selon l’O.M.S, "les maladies chroniques sont des affectations de longue durée qui en règle générale, évoluent  lentement" (cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux, cancer, affections respiratoires chroniques, diabète …).

La maladie chronique en entreprise

En France, on recense chaque jour 1 000 nouveaux cas de cancer dont plus de la moitié concerne la population active occupée.

En 2014, on comptait plus de 4 millions de diabétiques (3 millions traités pharmacologiquement auxquels il fallait ajouter entre 400 000 sans traitement pharmacologique et 700 000 diabétiques qui s’ignorent. (Bulletin épidémiologique hebdomadaire 30-31 du 12 novembre 2014 de l'Institut national de veille sanitaire).

On diagnostique 40 000 nouveaux cas d’épilepsie en France chaque année soit plus de 100 cas par jour. On estime que 5% de la population peut à tout moment faire une crise.

Par ailleurs, le monde de l’entreprise a lui aussi, une influence directe sur la maladie. Si on prend le cas des maladies cardiovasculaires, on s’aperçoit que leurs origines multifactorielles sont intrinsèquement liées aux conditions de travail.

L’Inspection générale des affaires Sociales (I.G.A.S.) a publié en 2013 un rapport exhaustif sur l’articulation entre la santé au travail et la santé publique : Une illustration au travers des maladies cardiovasculaires (Articulation entre santé au travail et santé publique : Une illustration au travers des maladies cardiovasculaires. Rapport IGAS N° 2013-127R) où il apparaît que plus de la moitié des employés d’entreprises privées estimaient évoluer dans un environnement de travail à risque (des efforts physiques intenses, une sédentarité excessive, un climat stressant …). Le même rapport indique qu’un milieu de travail malsain peut multiplier par trois les risques de problèmes cardiaques.

Tous les experts s’accordent à dire que, sauf contre-indication directe, il est souhaitable pour le patient de le maintenir dans son emploi (isolement, inactivité …)

Dès lors, l’entreprise est confrontée à deux cas bien distincts :

La maladie handicapante ou invalidante est connue avant l’embauche. En effet, toute structure de plus de 20 salariés doit employer un quota de 6% de personnes en situation de handicap.

La maladie se déclare a posteriori : soit les premiers symptômes apparaissent après l’embauche soit parce que l’employé a choisi de ne pas parler de sa maladie.

Les deux cas sont préoccupants et le second est symptomatique d’un problème  lourd de conséquences dans le milieu professionnel, la maladie chronique étant considérée comme un sujet tabou.

La maladie chronique au travail - Sujet tabou

En France, toute discrimination fondée sur le handicap est interdite. (accès à l’emploi, évolution dans l’entreprise, niveau de salaire …). (Lois de lutte contre les discriminations du 16 novembre 2001 et du 27 mai 2008).

De plus, les avancées dans le domaine médical ont considérablement réduit les contraintes liées à certaines maladies dans les tâches professionnelles quotidiennes.

Il faut ajouter à cela l’existence d’une multitude de solutions adaptées à chaque situation de handicap (temps partiel, aménagement de poste …).

Les maladies chroniques ne sont plus une fatalité systématique que ce soit sur le plan médical ou professionnel et pourtant elles demeurent un sujet tabou. Dans le milieu souvent concurrentiel du travail, une grande partie des salariés pensent qu’annoncer une maladie physique ou mentale est assimilable à un aveu de faiblesse. C’est prendre le risque de se voir fermer des portes en termes d’évolution ou même d’être évincé au profit d’un collègue considéré plus apte.

Ces appréhensions ont fait de la maladie chronique un sujet inabordable dans l’entreprise ; Les « non-dits » qui gravitent autour de ces pathologies ont, à l’instar des maladies elles-mêmes, des conséquences directes et indirectes sur l’entreprise qui touchent tous les niveaux de sa structure.